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Où acheter un flipper sans se faire avoir ? Guide achat flipper.

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Acheter un flipper n’a jamais été aussi simple. Quelques recherches permettent aujourd’hui de trouver une machine chez un particulier à cinquante kilomètres de chez vous, un distributeur français, un importateur européen, directement chez un fabricant américain ou sur la page de précommande d’un constructeur dont la première usine n’existait peut-être même pas douze mois auparavant. Cette multiplication des possibilités donne accès à beaucoup plus de machines, mais elle ajoute aussi une nouvelle question au choix du modèle : à qui allez-vous donner votre argent ? Et sur un achat qui représente facilement plusieurs milliers, voire plus de dix mille euros, cette question peut devenir aussi importante que le choix du flipper lui-même.

Deux machines strictement identiques proposées au même prix peuvent constituer deux transactions radicalement différentes. Dans un cas, vous achetez à un professionnel français qui vous livre, installe la machine et reste juridiquement votre vendeur lorsqu’un problème apparaît. Dans l’autre, vous effectuez un virement international directement à un petit constructeur étranger pour une machine qui n’est pas encore produite. Entre les deux existent le particulier, le revendeur professionnel d’occasion, l’importateur, le distributeur officiel, le fabricant en vente directe, les plateformes, les précommandes, les acomptes et toutes les combinaisons possibles. Le prix n’est donc jamais la seule chose que vous achetez. Vous achetez aussi un niveau de protection, un interlocuteur, une qualité de service et une quantité plus ou moins importante de risque.

Le but de ce guide n’est pas de désigner une méthode d’achat qui serait toujours meilleure que les autres. Certaines des plus belles affaires se font entre particuliers. Acheter directement au fabricant peut permettre d’accéder à une machine introuvable autrement. Un importateur peut offrir un service médiocre. Et un distributeur installé depuis des années peut aussi fournir un service remarquable. Le risque ne dépend pas seulement de la personne à qui vous achetez, mais aussi de ce que vous êtes réellement en mesure de vérifier avant de payer. Une machine disponible, identifiable et couverte par un cadre juridique clair n’engage pas de la même manière qu’un flipper encore en production, un projet financé à l’avance ou une commande passée à l’autre bout du monde. Dans chaque cas, la vraie question reste la même : qu’est-ce que vous risquez concrètement si quelque chose tourne mal ?

Avant tout : identifiez qui vous vend réellement la machine

C’est la question que beaucoup d’acheteurs oublient de poser. Vous pouvez discuter avec un distributeur, recevoir des informations d’un importateur, payer via un site appartenant au fabricant et être livré par une quatrième entreprise. Cela ne signifie pas que toutes ces sociétés ont les mêmes obligations envers vous. Regardez la facture ou le bon de commande et identifiez clairement qui est juridiquement le vendeur. C’est cette personne ou cette société qui constitue votre interlocuteur contractuel principal.

En France, lorsqu’un particulier achète un bien auprès d’un professionnel, la garantie légale de conformité pèse sur le vendeur professionnel. Elle s'applique aux biens neufs comme d’occasion pendant deux ans à compter de la délivrance. Pour un bien neuf, les défauts apparus pendant cette période bénéficient de la présomption légale prévue par le régime actuel ; pour l’occasion, cette présomption est plus courte. La distinction entre vendeur, fabricant, importateur et distributeur n’est donc pas une subtilité administrative. Elle détermine directement qui doit répondre lorsque la machine ne correspond pas à ce qui a été vendu.

Cette distinction permet aussi d’éviter une pratique encore trop fréquente : le professionnel qui explique après la vente que « pour la garantie, il faut voir directement avec le fabricant ». Une garantie commerciale du fabricant peut naturellement exister en complément, mais elle ne remplace pas les obligations légales du vendeur professionnel envers son client. La garantie commerciale est facultative. Elle vient s’ajouter aux garanties légales, pas les effacer. Retenez donc cette première règle : avant de savoir où vous achetez, sachez à qui vous achetez.

Acheter directement à un particulier

Le marché entre particuliers constitue une partie essentielle de l’univers du flipper. Un propriétaire revend sa machine pour financer la suivante, faire de la place ou simplement parce qu’il en a fait le tour. Vous allez chez lui, voyez le flipper, jouez quelques parties, inspectez son état, négociez éventuellement et repartez avec. C’est probablement la forme d’achat la plus naturelle pour l’occasion, mais aussi celle qui fait reposer le plus de choses sur votre propre capacité à évaluer la machine.

Son principal avantage est évident : vous voyez l’exemplaire réel que vous achetez. Pas une référence catalogue, pas une machine « équivalente », celle-là. Vous pouvez examiner le plateau, la caisse, les rampes, les batteurs, lancer les diagnostics, regarder sous le plateau et discuter avec la personne qui l’utilise parfois depuis plusieurs années. Vous pouvez aussi récupérer un historique beaucoup plus riche : entretien effectué, mods ajoutés, pièces remplacées, problèmes rencontrés, nombre approximatif de parties et raison de la vente.

Le marché entre particuliers donne aussi accès à des machines qui ne sont plus produites et à des éditions devenues difficiles à trouver. Une machine entretenue pendant des années par un passionné soigneux peut même se révéler plus agréable à acheter qu’un exemplaire ayant très peu joué mais n’ayant jamais reçu aucun entretien sérieux. L’occasion ne signifie donc pas automatiquement « moins bien ». Elle signifie surtout que vous achetez un exemplaire ayant une histoire.

La contrepartie est importante : vous ne bénéficiez pas du même régime qu’en achetant à un professionnel. Le vendeur particulier peut notamment être tenu au titre des vices cachés, mais la garantie légale de conformité applicable à la relation entre consommateur et professionnel ne s’applique pas de la même manière. Cela change complètement la situation en cas de litige. Vous ne pouvez pas acheter une machine ancienne présentant plusieurs défauts visibles puis attendre ensuite du vendeur privé qu’il se transforme en service après-vente permanent.

Pour cette raison, l’inspection avant achat est essentielle. Le vendeur refuse que vous jouiez, ne veut pas ouvrir le fronton ou lever le plateau, refuse les diagnostics sans raison valable, affirme que tout fonctionne alors que la machine est déjà démontée ou donne des réponses incohérentes sur son historique ? Aucun de ces éléments ne prouve automatiquement une fraude, mais leur accumulation doit faire monter votre niveau de prudence. Le particulier à particulier peut être un excellent canal à condition que la machine soit visible, vérifiable et réellement inspectée.

Acheter à un particulier à distance

Même vendeur privé, mais transaction complètement différente. Vous trouvez un flipper à plusieurs centaines de kilomètres, les photographies sont magnifiques, le vendeur semble sympathique et propose d’organiser le transport. À partir de cet instant, vous n’achetez plus seulement une machine. Vous achetez une quantité considérable de confiance.

L’avantage est évident : vous élargissez énormément votre marché. Pour une machine rare ou une édition spécifique, cela peut devenir indispensable. Un vendeur sérieux peut également fournir un dossier très complet avec photographies détaillées, vidéos spécifiques, diagnostics, numéro de série, facture d’origine et historique. Dans ce cas, l’achat peut être parfaitement pertinent.

Le problème est que vous perdez le principal avantage de la vente entre particuliers : l’inspection physique. Une photographie permet de cacher énormément de choses simplement en ne les photographiant pas. Une courte vidéo montrant la bille parcourir deux rampes ne prouve pas que chaque mécanisme, switch, écran, carte et élément du plateau fonctionne correctement. Vous ajoutez également le risque de fausse annonce, avec des photographies récupérées sur une ancienne vente ou un vendeur qui ne possède même pas la machine.

À distance, demandez donc des preuves qu’un faux vendeur ne peut pas facilement préparer : une photographie personnalisée avec la date du jour, une vue d’une zone très précise que vous choisissez, un menu de diagnostic particulier, le dessous du plateau ou le numéro de série. Mieux encore, demandez une visioconférence. Pas une vidéo préenregistrée. Vous devez pouvoir dire « montre-moi maintenant la rampe gauche » et voir le vendeur le faire en direct. Pour plusieurs milliers d’euros, quinze minutes de vérification ne sont pas une exigence excessive.

Acheter neuf chez un distributeur français

Pour un débutant, c’est généralement le circuit le plus confortable. Vous choisissez la machine, le distributeur la commande ou la possède déjà en stock, vous recevez une facture française et il organise éventuellement la livraison et l’installation. L’avantage principal n’est pas seulement le produit, c’est l’interlocuteur.

Lorsqu’un problème survient, vous n’avez théoriquement pas à commencer par écrire en anglais au fabricant américain en espérant qu’un technicien réponde rapidement. Votre vendeur est local, dépend du droit applicable à la relation de consommation et reste votre interlocuteur pour la garantie légale. Un bon distributeur apporte également de la valeur avant la panne : réception et contrôle de la machine, réglages éventuels, préparation, organisation du transport, installation et conseil.

C’est pour cette raison que deux distributeurs proposant la même machine au même prix ne proposent pas nécessairement la même expérience. L’un peut disposer d’un technicien, connaître parfaitement les fabricants, stocker certaines pièces, intervenir rapidement et réellement suivre ses clients. L’autre peut être excellent pour encaisser une commande et beaucoup moins visible lorsque le premier problème apparaît. Le mot « distributeur » ne constitue pas à lui seul un label de qualité.

L’inconvénient principal est souvent économique. Un intermédiaire doit naturellement vivre de son activité et le prix peut être supérieur à certaines solutions directes ou étrangères. Mais le véritable mauvais calcul consiste à payer le prix du service sans obtenir le service. Avant d’acheter, demandez qui réalise le SAV, si l’entreprise dispose d’un technicien, comment sont gérées les pièces sous garantie, si la machine est contrôlée avant départ, ce que comprend réellement la livraison et qui intervient lorsqu’un problème apparaît à la mise en route.

Un professionnel sérieux doit pouvoir répondre simplement. Une promesse du type « ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout » n’est pas une procédure de SAV. Demandez comment.

Acheter une machine d’occasion chez un professionnel

C’est un cas particulièrement intéressant parce qu’il peut combiner les avantages du marché secondaire et ceux de l’achat professionnel. Un revendeur peut proposer des reprises clients, des machines de démonstration, des exemplaires ayant servi en showroom ou simplement faire commerce de flippers d’occasion.

L’avantage est important : vous pouvez accéder à une machine qui n’est plus disponible neuve tout en conservant un cadre de vente professionnel. En France, lorsqu’un particulier achète un bien d’occasion à un professionnel, la garantie légale de conformité reste applicable pendant deux ans, même si les règles de présomption des défauts diffèrent de celles du neuf. C’est beaucoup plus protecteur qu’un achat privé.

Le revers est que le prix sera souvent supérieur à celui d’une vente entre particuliers, ce qui est logique puisque le professionnel prend une marge, engage sa responsabilité et doit absorber une partie du risque commercial. Cette différence peut être parfaitement justifiée si la machine a été inspectée, préparée et réellement garantie.

C’est aussi dans ce contexte que vous pouvez rencontrer des mentions comme « garantie trois mois », « garantie pièces uniquement » ou « garantie atelier ». Ces formules doivent être lues très attentivement. Une garantie commerciale supplémentaire de trois mois peut parfaitement exister, mais elle ne fait pas disparaître les droits légaux du consommateur. Même chose pour une garantie limitée aux pièces : il faut distinguer ce que le professionnel offre commercialement en plus de ce que la loi lui impose déjà.

Le professionnel qui vend une occasion doit donc être évalué sur deux axes : l’état réel de la machine et sa manière d’assumer juridiquement ce qu’il vend. Une machine préparée, documentée et correctement garantie peut justifier un surcoût. Une machine simplement nettoyée rapidement puis revendue plus cher avec un autocollant « révisée » beaucoup moins.

Acheter auprès d’un importateur

Le mot « importateur » peut désigner des situations très différentes. Et c’est là que commencent beaucoup de malentendus. Un importateur peut acheter les machines au fabricant, les importer à son nom puis vous les revendre. Dans ce cas, si sa société apparaît comme vendeur sur votre facture, c’est votre vendeur. Mais une société peut également jouer seulement un rôle d’intermédiaire ou d’agent alors que la vente est juridiquement conclue directement avec le constructeur étranger.

Ce n’est pas la même chose.

Un véritable importateur-distributeur peut apporter beaucoup de valeur. Il gère les démarches d’importation, maîtrise théoriquement la relation avec le fabricant, connaît les problèmes récurrents d’un modèle, centralise les demandes de pièces et offre un interlocuteur local. S’il est votre vendeur légal, cette proximité devient également importante lorsqu’un problème nécessite une prise en charge.

L’inconvénient est que vous ajoutez un maillon à la chaîne : fabricant, importateur, client. Si l’importateur possède une excellente relation avec la marque et un véritable service technique, cet intermédiaire est utile. S’il se contente de transmettre vos messages au constructeur et d’attendre sa réponse, sa valeur devient beaucoup moins évidente.

La question à poser reste toujours la même : qui apparaît comme vendeur sur ma facture ? Pas qui prend la commande, pas qui vous répond sur Facebook, pas qui possède le panneau « importateur officiel ». Qui facture ? Cette réponse détermine le début de votre relation juridique.

Acheter directement auprès d’un fabricant européen

Le mot « importateur » inspire spontanément confiance. Il représente officiellement une marque sur un territoire, entretient une relation directe avec le fabricant et constitue souvent le point d’entrée des machines dans le pays. On pourrait donc naturellement imaginer qu’il offre le meilleur niveau de service après-vente. Dans la pratique, ce n’est pas nécessairement le cas et la situation peut même devenir paradoxale. Un importateur peut parfaitement être très efficace sur la logistique, les pièces et la relation avec le constructeur tout en étant beaucoup moins adapté à l’intervention chez le particulier.

Il faut d’abord comprendre son métier. Un importateur est généralement placé entre le fabricant et un réseau de distributeurs. Il importe les machines, gère leur arrivée sur le territoire, approvisionne ses revendeurs et centralise une partie des relations avec la marque. Le distributeur, lui, constitue normalement le dernier maillon de la chaîne et celui qui travaille directement avec le client. Cette différence peut sembler purement commerciale jusqu’au jour où votre flipper tombe en panne.

Le véritable avantage d’un réseau de distributeurs tient justement à son maillage du territoire. Un revendeur situé à proximité peut préparer votre machine, la livrer, l’installer et, surtout, disposer d’une capacité d’intervention locale. Un importateur possède généralement une implantation beaucoup plus centralisée. Si vous habitez à plusieurs centaines de kilomètres de ses locaux, il faut donc demander avant l’achat comment sera traité un problème nécessitant une présence physique. Une pièce expédiée par Chronopost n’a jamais remplacé un technicien devant une machine.

Cette question devient encore plus importante lorsqu’un importateur disposant d’un réseau de distribution choisit parallèlement de vendre directement aux particuliers. Il faut regarder froidement ce que signifie cette organisation. En supprimant le distributeur de la transaction, l’importateur conserve potentiellement une part plus importante de la marge commerciale. Ce n’est ni illégal ni nécessairement condamnable en soi. En revanche, le client doit savoir ce qu’il obtient en échange de cette désintermédiation. Si le revendeur local disparaît de la vente, son service de proximité peut disparaître avec lui.

Mais une chose est certaine : si l’intermédiaire disparaît alors que le prix payé par le client ne diminue pas dans les mêmes proportions, il est parfaitement légitime de demander quelle prestation remplace celle du distributeur.

Généralement, les mauvaises surprises peuvent apparaître à ce moment là. Votre machine rencontre un problème, l’importateur diagnostique à distance, contacte le fabricant, vous expédie éventuellement une pièce et vous explique comment intervenir vous-même. Pour un joueur expérimenté capable de sortir un multimètre et de remplacer un mécanisme, cela peut parfaitement fonctionner. Pour un débutant ayant justement acheté auprès d’un professionnel afin de ne pas devenir technicien trois semaines après la livraison, l’expérience est beaucoup moins drôle.

Il faut également anticiper une situation assez évidente : le distributeur que vous avez volontairement court-circuité pour acheter directement auprès de l’importateur n’a aucune raison commerciale évidente de devenir gratuitement votre technicien local. Ben oui, même si c'est généralement un métier passion, ça ne veut pas dire "pas de pognon". Il peut accepter l'intervention, la facturer ou avoir un accord avec l'importateur, mais il ne faut jamais le supposer. Le réseau qui constitue normalement la force d’une marque sur le territoire ne vous protège réellement que si les responsabilités entre fabricant, importateur et distributeurs sont organisées pour le faire.

Avant un achat direct auprès d’un importateur disposant également d’un réseau, posez donc des questions beaucoup plus concrètes que « vous assurez le SAV ? ». Qui se déplace si une intervention est nécessaire ? Quel technicien couvre ma région ? Le distributeur local intervient-il sur les machines achetées directement chez vous ? Est-ce prévu par un accord entre vous ? Qui prend en charge cette intervention lorsqu’elle relève de la garantie ? Si personne ne se déplace, quelles opérations serai-je censé effectuer moi-même ?

Si la réponse se résume à « ne vous inquiétez pas, on vous enverra les pièces », vous savez au moins ce que vous achetez : un SAV essentiellement à distance typique d'un luxembourgeois. Cela peut vous convenir, mais ce n’est pas la même prestation qu’un réseau capable d’assurer une assistance locale.

C’est tout le paradoxe de l’importateur. Il peut être l’acteur commercialement le plus proche du fabricant tout en étant physiquement le plus éloigné de votre gameroom. À l’inverse, un distributeur possède parfois moins de poids auprès de la marque mais se trouve à quarante kilomètres de chez vous avec un véhicule, des outils et quelqu’un qui sait réparer un flipper.

Il ne faut donc pas tirer les cartes pour savoir lequel sera le meilleur. Demandez simplement qui fera quoi le jour où quelque chose cassera et faites inscrire les engagements importants dans les documents contractuels lorsque c’est pertinent. Le logo « importateur officiel » vous renseigne sur la relation commerciale avec la marque. Il ne vous dit pas à lui seul qui viendra devant votre machine lorsqu’elle cessera de fonctionner.

Acheter directement auprès d’un fabricant hors Union européenne

Voilà le moment où beaucoup d’acheteurs regardent un prix en dollars, le convertissent rapidement en euros et commencent à avoir une excellente idée. Mais le calcul n’est pas terminé.

Une machine expédiée vers la France depuis un pays extérieur à l’Union européenne implique potentiellement transport international, assurance, TVA à l’importation, éventuels droits de douane, frais de dédouanement et taux de change. Le prix affiché sur le site américain n’est donc pas le prix final posé dans votre gameroom.

L’avantage reste évident : vous pouvez accéder à une machine qui n’est pas distribuée localement, obtenir une configuration spécifique ou acheter directement auprès d’un petit fabricant. Sur certains modèles rares, cela peut être la seule solution. Mais les contraintes augmentent considérablement. Vous ajoutez le risque de dommage pendant un transport beaucoup plus long, la gestion des formalités douanières et surtout un SAV à plusieurs milliers de kilomètres. Lorsqu’une pièce doit simplement être envoyée, cela reste gérable. Lorsqu’un diagnostic complexe nécessite une intervention physique, la situation change.

Le point essentiel est donc celui-ci : avoir juridiquement un recours et pouvoir l’exercer simplement ne sont pas la même chose. Une machine introuvable ailleurs peut justifier ce niveau de complexité. Économiser quelques centaines d’euros sur un modèle disponible chez plusieurs professionnels européens le justifie beaucoup moins.

Précommander une machine qui n’est pas encore fabriquée

Bienvenue dans la zone où l’achat commence à ressembler au financement.

Vous connaissez le fabricant, le thème a été annoncé, un prototype existe parfois et vous versez une somme pour réserver votre exemplaire. Ce fonctionnement n’est pas automatiquement inquiétant. Les précommandes sont parfaitement normales dans de nombreuses industries. Mais dès que votre argent quitte votre compte avant que votre machine existe, vous acceptez un risque supplémentaire.

Il faut alors demander ce que représente exactement la somme versée. S’agit-il d’arrhes ou d’un acompte ? En droit français, les deux notions n’ont pas les mêmes conséquences. À défaut de précision, les sommes versées d’avance sont en principe considérées comme des arrhes dans les contrats conclus entre un professionnel et un consommateur. Il faut donc lire le contrat et ne pas se contenter du mot utilisé dans une conversation téléphonique.

Demandez aussi une date ou un délai de livraison clair. « Deuxième semestre », « bientôt », « lorsque la production commencera » ou « normalement avant Noël » sont des informations commerciales très différentes d’un engagement contractuel. Plus la production est éloignée, plus il devient important de savoir ce qui arrive à votre argent si le projet prend du retard ou disparaît.

Posez enfin les questions que les acheteurs enthousiastes aiment généralement repousser à plus tard : la somme est-elle immédiatement utilisée par l’entreprise ? Est-elle conservée séparément ? Combien de machines ont déjà été livrées ? La production en série a-t-elle commencé ? Quel pourcentage du prix total payez-vous avant que votre exemplaire existe ?

Avec le recul et mon expérience personnelle du marché, j’apporte toutefois une nuance importante. Toutes les précommandes ne présentent évidemment pas le même niveau de risque. Si un constructeur établi comme Stern Pinball, Jersey Jack Pinball, Spooky Pinball, Barrels of Fun ou Chicago Gaming Company vous demande de réserver une machine longtemps avant sa livraison, je ne placerais personnellement pas cette opération dans la même catégorie qu’une précommande auprès d’un nouveau fabricant qui n’a encore rien livré. Ces entreprises ont déjà démontré leur capacité à produire et commercialiser des flippers en série. Cela réduit fortement une partie du risque industriel, sans constituer pour autant une garantie juridique ou financière que votre machine sera livrée à une date donnée.

Par contre niveau délai y à boire et à manger. Dans le flipper, une précommande n’est pas synonyme de livraison quelques semaines plus tard. Selon le fabricant, le titre, la place de votre commande dans la production et le circuit de distribution, l’attente peut durer plusieurs mois et, dans certains cas, devenir beaucoup plus longue. Je ne présenterais donc jamais « un ou deux ans » comme un délai général applicable à ces cinq fabricants, mais une attente très longue reste possible sur certaines productions. Avant de bloquer plusieurs milliers d’euros, demandez toujours un délai écrit et considérez-le avec la prudence nécessaire.

Pour les constructeurs beaucoup plus récents ou qui n’ont pas encore démontré leur capacité à produire et livrer régulièrement des machines en série, ma position personnelle serait beaucoup plus conservatrice : je m’abstiendrais de précommander et j’attendrais les premières livraisons clients. Ce n’est pas affirmer que ces entreprises vont échouer. C’est simplement refuser de prendre à leur place une partie du risque lié au lancement de leur activité industrielle.

Une belle licence, un prototype terminé et une communication spectaculaire démontrent qu’un projet existe. Ils ne démontrent pas qu’une entreprise est capable d’acheter les composants, industrialiser la machine, assembler plusieurs centaines d’exemplaires, financer son activité pendant toute la production et assurer ensuite les pièces et le SAV.

Pour un nouveau constructeur, quelques mois d’attente peuvent donc complètement changer l’équation. Laissez les premières machines sortir. Regardez si elles sont réellement livrées. Observez leur qualité, les premiers problèmes, la disponibilité des pièces et la manière dont le fabricant traite ses premiers clients. Vous perdrez peut-être l’occasion d’obtenir le numéro 37 sur 500.

Vous gagnerez surtout quelque chose de beaucoup plus intéressant : la possibilité d’acheter une machine plutôt qu’une promesse.

Crowdfunding, founder package et fabricant financé par ses clients

Voici le niveau supérieur du risque. Le constructeur n’utilise plus seulement votre dépôt pour réserver une machine. Votre argent contribue directement à permettre au projet d’exister. Cela peut prendre la forme d’une campagne de financement participatif, d’un founder package, d’un paiement anticipé particulièrement important ou d’une précommande ouverte suffisamment tôt pour que la frontière économique entre vente et financement devienne extrêmement mince.

Le crowdfunding n’est pas intrinsèquement une escroquerie. Des projets extraordinaires n’auraient jamais existé sans financement participatif. Mais vous devez comprendre ce que vous faites : vous ne financez plus simplement votre produit, vous prenez une partie du risque entrepreneurial de l’entreprise.

Un prototype fonctionnel n’est pas une production industrielle. Une licence prestigieuse n’est pas une preuve de solvabilité. Une usine photographiée n’est pas une garantie de capacité de production. Des influenceurs enthousiastes ne sont pas des commissaires aux comptes. Et un Discord rempli de clients convaincus que toute question sur les délais relève de la trahison n’améliore toujours pas la trésorerie de l’entreprise.

Pour une première production, le moyen le plus simple de réduire le risque reste assez évident : attendre que les premières machines soient réellement livrées. Vous paierez peut-être davantage. Vous n’aurez peut-être pas un numéro particulièrement bas. Mais vous aurez transformé une promesse industrielle en produit observable.

Haggis Pinball : un vrai fabricant peut quand même disparaître

Le cas Haggis est utile justement parce qu’il évite une simplification trop facile. Haggis n’était pas un faux site Internet créé trois jours plus tôt avec quelques rendus 3D. La société australienne a réellement produit et livré des machines. Elle avait des projets, des clients, une communauté et une activité industrielle identifiable.

En juillet 2024, Haggis Pinball Pty Ltd est pourtant entrée officiellement en liquidation. Des clients avaient encore des machines ou des sommes engagées dans des projets en attente. Ce cas rappelle quelque chose d’essentiel : une entreprise réelle peut échouer. Il n’est pas nécessaire qu’une fraude soit démontrée pour que votre argent soit menacé. Une mauvaise trésorerie, des coûts mal maîtrisés, une production trop lente ou une activité insuffisamment rentable peuvent suffire.

Il faut donc rester extrêmement précis dans les mots. La liquidation de Haggis est documentée. Cela ne permet pas de transformer automatiquement chaque dirigeant ou chaque précommande en « arnaque ». La leçon est plus intéressante : un vrai fabricant, avec de vraies machines déjà produites, peut malgré tout ne pas réussir à livrer tout ce qu’il a promis. C’est le risque industriel.

Deeproot : autre histoire, même nécessité de regarder derrière le produit

Deeproot est régulièrement cité dans les catastrophes récentes du flipper, mais son histoire doit elle aussi être décrite correctement. En 2021, la SEC américaine a accusé Robert J. Mueller et Deeproot Funds d’avoir fraudé des investisseurs ayant placé des dizaines de millions de dollars dans des fonds liés à son environnement entrepreneurial. L’affaire concernait le financement et les investisseurs, pas simplement une fausse campagne de crowdfunding de machines vendues à des particuliers.

La leçon reste pertinente pour l’acheteur : un superbe prototype ne vous dit presque rien sur la solidité financière de l’entreprise qui doit le produire en série. Une société peut posséder des designers, une licence, un prototype spectaculaire et une communication ambitieuse tout en reposant sur une structure financière problématique. Lorsque vous versez plusieurs milliers d’euros très en amont de la production, vous avez donc tout intérêt à regarder l’entreprise autant que le produit.

Précommander via un distributeur ne supprime pas automatiquement le risque

Voici une situation plus subtile. Vous ne payez pas directement le petit fabricant. Vous versez votre dépôt à un distributeur local qui a lui-même pris des commandes auprès du constructeur. Psychologiquement, cela semble beaucoup plus rassurant. Juridiquement et financièrement, tout dépend du contrat.

Qui détient réellement votre argent ? Le distributeur l’a-t-il déjà transféré au fabricant ? Qui doit vous rembourser si la machine n’est jamais produite ? Votre bon de commande porte-t-il sur une machine que le distributeur s’engage à vous livrer ou précise-t-il qu’il agit seulement comme intermédiaire ?

Ne supposez jamais que le simple fait d’avoir remis votre argent à une société locale vous protège automatiquement de la disparition du fabricant. Lisez ce que vous signez et demandez qui supporte le risque si la production n’aboutit pas.

Acheter sur Facebook, Discord, forums ou groupes communautaires

Les communautés sont d’excellents endroits pour trouver une machine. Le flipper reste un univers suffisamment petit pour qu’un exemplaire puisse être connu de plusieurs personnes, qu’un vendeur possède un historique visible et qu’un membre vous dise immédiatement qu’il connaît ce flipper depuis plusieurs années. Cette réputation est précieuse. Mais elle n’est pas une garantie. Ouh que non !

Un compte ancien peut être piraté. Une personne connue peut rencontrer des difficultés financières. Un membre sympathique peut parfaitement vendre une machine mal entretenue. Et un administrateur de groupe n’est ni votre assureur, ni votre expert, ni votre avocat. Utilisez donc la réputation comme une information supplémentaire, jamais comme un remplacement de vos propres vérifications. Un historique communautaire peut vous aider à comprendre une machine. Il ne doit jamais vous conduire à envoyer plusieurs milliers d’euros simplement parce que « tout le monde connaît le gars ».

Et surtout, ne soyez pas naïf sur le fonctionnement d’une communauté. En France notamment, le monde du flipper reste relativement petit, mais il n’est certainement pas constitué d’une grande famille où tout le monde serait ami avec tout le monde. Il existe des groupes, des affinités, des inimitiés, des intérêts commerciaux et des réseaux locaux. Le milieu peut être très territorial. Une personne recommandée avec enthousiasme dans un groupe peut être beaucoup moins appréciée dans un autre, parfois pour de bonnes raisons, parfois simplement parce que les gens ne peuvent pas se voir. Une recommandation communautaire doit donc rester ce qu’elle est : un avis, pas un certificat de moralité.

Les arrangements entre connaissances existent également. Quelqu’un peut chercher à vendre la machine d’un ami, défendre systématiquement un professionnel avec lequel il entretient de bonnes relations ou vous expliquer qu’une transaction est formidable alors qu’il possède lui-même un intérêt à ce qu’elle aboutisse. Des pressions peuvent également apparaître : « tu peux lui faire confiance », « tout le monde le connaît », « si tu hésites quelqu’un d’autre la prendra », « je me porte garant de lui ». Très bien. Mais au moment de payer, le compte bancaire débité sera le vôtre.

Ne confondez surtout jamais notoriété et fiabilité. Les personnes les plus visibles, les plus anciennes ou les plus bruyantes d’une communauté ne sont pas automatiquement celles auxquelles vous devez accorder le plus de confiance. Une grande gueule reste une grande gueule, même avec vingt ans de flipper derrière elle, 5 000 messages sur un forum et la moitié du groupe Facebook dans ses contacts. La confiance se construit avec des faits : identité vérifiable, machine réellement disponible, historique cohérent, réponses transparentes, possibilité d’inspection et conditions de transaction claires.

Même prudence avec les « chevaliers blancs » de la communauté, ceux qui surgissent systématiquement pour défendre une personne, un vendeur ou un professionnel dès qu’une critique apparaît. Leur intervention peut être parfaitement sincère, mais elle ne constitue toujours pas une preuve. « Je le connais depuis quinze ans », « avec moi il a toujours été réglo » ou « je peux me porter garant » ne vous apprend rien sur votre transaction. Quelqu’un peut avoir réalisé cinquante ventes sans problème et avoir un litige sérieux sur la cinquante et unième. À l’inverse, une accusation isolée ne suffit pas davantage à condamner quelqu’un.

Dans une petite communauté, les relations personnelles brouillent facilement les rôles. Celui qui défend le vendeur peut être son ami, son client, son partenaire commercial, lui avoir vendu des machines pendant dix ans ou simplement considérer qu’attaquer quelqu’un de son cercle revient à attaquer son propre groupe. Le chevalier blanc défend parfois davantage une relation qu’une transaction dont il connaît réellement les détails. Ce n’est pas forcément malveillant, mais pour l’acheteur, le résultat est le même : ce témoignage ne remplace aucune vérification.

Méfiez-vous donc autant des procès expéditifs que des absolutions collectives. Ni la meute qui hurle « escroc », ni le bataillon qui répond « impossible, c’est un mec en or » ne doit décider à votre place. Demandez les faits, vérifiez ce qui peut l’être et gardez votre portefeuille en dehors des guerres de clans. Dans une transaction à 10 000 euros, un chevalier blanc peut vous garantir quelqu’un avec toute la conviction du monde. S’il se trompe, ce n’est généralement pas lui qui sort les 10 000 euros.

Même chose lorsqu’un conflit apparaît autour d’un vendeur. Ne prenez pas automatiquement pour argent comptant celui qui parle le plus fort. Cherchez les faits. Plusieurs transactions documentées qui se sont mal terminées constituent une information. Une capture d’écran complète peut en être une autre. Un litige commercial identifiable mérite votre attention. En revanche, « tout le monde sait que c’est un escroc » sans aucun élément vérifiable ne vous apprend pas grand-chose. Dans un petit milieu où les règlements de comptes personnels existent aussi, la réputation doit être vérifiée dans les deux sens.

Et les véritables escroqueries existent évidemment. Faux profils, comptes piratés, photographies récupérées ailleurs, fausses machines, acomptes encaissés puis disparition du vendeur : une communauté spécialisée n’est pas immunisée simplement parce que tout le monde partage la même passion. Le sentiment d’appartenance peut même devenir une faiblesse lorsqu’il fait tomber les réflexes élémentaires de prudence.

La règle est donc très simple : faites confiance à la communauté pour trouver des informations, jamais pour faire vos vérifications à votre place. Demandez à voir la machine. Vérifiez le vendeur. Contrôlez l’historique. Demandez des preuves personnalisées pour un achat à distance. Refusez les pressions. Et lorsque plusieurs milliers d’euros sont en jeu, ne laissez jamais la réputation d’un pseudo remplacer votre propre jugement.

Dans le flipper comme ailleurs, ce n’est pas parce que quelqu’un connaît tout le monde que vous devez lui confier votre portefeuille. Et les plus grandes gueules ne sont certainement pas toujours les plus fiables. Parfois, elles font simplement plus de bruit que les autres. Acheter sur une plateforme généraliste

Leboncoin et les plateformes équivalentes peuvent permettre de très bonnes affaires, simplement parce qu’elles touchent beaucoup plus de vendeurs que les communautés spécialisées. Elles concentrent aussi naturellement les fausses annonces et les vendeurs opportunistes.

Le premier indicateur reste le prix. Une machine généralement proposée autour de 9 000 euros qui apparaît soudainement à 5 000 euros chez quelqu’un qui doit « partir demain à l’étranger » mérite autre chose qu’un virement enthousiaste. Une bonne affaire existe. Une absurdité statistique exige une explication.

Les techniques classiques restent les photographies volées, le faux transporteur, l’acompte urgent, la demande de paiement hors plateforme ou l’usurpation d’identité. Votre meilleure arme reste la même : demandez quelque chose qu’un faux vendeur ne peut pas produire facilement, vérifiez l’identité et refusez la pression.

Les pratiques douteuses de certains professionnels

Être professionnel ne rend pas automatiquement compétent, honnête ou agréable. Cela rend surtout le vendeur plus identifiable et juridiquement encadré. Certaines formulations doivent néanmoins vous pousser à demander des explications.

Lorsqu’un professionnel annonce « garantie trois mois », demandez immédiatement s’il parle d’une garantie commerciale supplémentaire ou s’il prétend que vos droits légaux s’arrêtent après trois mois. Ce n’est pas la même chose. Même logique pour « garantie pièces uniquement », « retour atelier à vos frais » ou « après trois mois, voyez avec le fabricant ». Les droits légaux du consommateur ne disparaissent pas simplement parce qu’une ligne des conditions générales essaie de les résumer autrement.

Autre formulation : « prix hors taxe » sur une offre clairement destinée au particulier. Un consommateur doit pouvoir comprendre ce qu’il paiera réellement. Le prix affiché et les frais supplémentaires doivent être présentés clairement avant l’achat. Une machine à 9 000 euros qui devient soudain 10 800 euros au moment de la facture n’est pas une subtilité commerciale.

Même prudence avec les dates floues. « Deuxième trimestre », « prochain container », « bientôt disponible » ou « arrivée prévue » peuvent être des informations utiles, mais ne remplacent pas nécessairement un engagement contractuel. Plus vous versez d’argent avant livraison, plus la date doit être claire.

Enfin, si un professionnel vous propose spontanément « sans facture, je peux faire un meilleur prix », le débat mérite de se terminer assez rapidement. Sur un achat de plusieurs milliers d’euros, la facture ne constitue pas une option décorative.

Le paiement : le moment où le risque devient réel

Tant que vous discutez, le risque reste théorique. Lorsque vous payez, il devient financier. Ne choisissez donc pas le moyen de paiement uniquement selon ce qui arrange le vendeur. Vérifiez les protections offertes par votre banque, votre carte ou votre prestataire de paiement, surtout lors d’un achat à distance.

Le virement bancaire possède une qualité remarquable pour le vendeur : l’argent arrive directement. Pour l’acheteur, les possibilités de contestation ou de récupération peuvent être beaucoup plus limitées qu’avec certains moyens de paiement offrant des procédures spécifiques. Avant un paiement important, renseignez-vous donc sur ce qui se passe en cas de fraude ou de non-livraison.

Méfiez-vous surtout de la pression : « j’ai dix personnes derrière vous », « acompte dans l’heure », « sinon elle part ». Peut-être. Laissez-la partir si vous n’avez pas terminé vos vérifications. Perdre une bonne machine parce qu’un autre acheteur a été plus rapide est frustrant. Perdre plusieurs milliers d’euros parce que vous avez voulu être plus rapide que lui l’est nettement davantage.

Achat professionnel à distance : le droit de rétractation peut aussi entrer en jeu

Lorsqu’un particulier conclut à distance un achat avec un professionnel, un droit de rétractation de quatorze jours existe en principe dans de nombreux cas, sous réserve des exceptions prévues par la loi. Pour un bien, le délai court généralement à compter de la réception. Cela peut également concerner certaines commandes conclues en ligne puis retirées physiquement.

Mais retourner un flipper n’est évidemment pas retourner un t-shirt. Un objet de plus de cent kilos implique des contraintes de conditionnement et de transport considérables. Il faut donc regarder avant l’achat qui supporte les frais éventuels de retour et quelles modalités sont prévues. Un droit théorique peut devenir très coûteux à exercer si la logistique n’a pas été anticipée.

La livraison fait partie de l’achat

Une excellente machine peut subir un très mauvais transport. Avant l’expédition, demandez comment elle sera conditionnée, protégée et assurée. Vérifiez aussi ce qui se passe si elle arrive endommagée. Une machine expédiée sur palette, un transport spécialisé avec manutention et un flipper déplacé couché dans un véhicule personnel ne présentent pas les mêmes risques.

Demandez des photographies avant départ et inspectez la machine à l’arrivée. Si un dommage est visible, documentez-le immédiatement et suivez la procédure correspondant au transport concerné. Ne signez pas mécaniquement un document indiquant que tout est parfait si la caisse vient manifestement de participer à une compétition de lancer de meubles.

Importer soi-même une occasion hors Union européenne

Encore un cas spécifique : vous achetez à un particulier américain, britannique, suisse ou situé dans un autre pays extérieur à l’Union européenne. Vous cumulez alors le risque du particulier à particulier, l’éventuelle absence d’inspection, le transport international, les formalités douanières, la TVA à l’importation, d’éventuels droits et des recours transfrontaliers plus compliqués.

Ce type d’achat peut parfaitement se justifier pour une machine réellement introuvable en Europe ou une édition exceptionnelle. En revanche, faire venir à grands frais un modèle disponible à quelques centaines de kilomètres pour économiser quelques centaines d’euros sur le prix affiché peut devenir une opération beaucoup moins brillante une fois l’intégralité des coûts ajoutée.

La checklist avant de payer

Avant n’importe quel achat important, vous devez être capable de répondre clairement à quelques questions essentielles : qui est mon vendeur légal, professionnel ou particulier, dans quel pays est-il établi, la machine existe-t-elle déjà, ai-je vu cet exemplaire précis, est-elle neuve, d’occasion, de démonstration ou en précommande, que comprend exactement le prix, la livraison est-elle incluse, quelle est la date prévue, que représente la somme versée avant livraison, qui détient cet argent, qui gère le SAV et quelles garanties s’appliquent réellement ?

Ajoutez les questions spécifiques à la machine : numéro de série, édition, accessoires inclus, pièces d’origine, état, historique, disponibilité des pièces et mode de transport. Si cinq réponses commencent par « je suppose que », vous n’avez pas terminé votre travail. Sur un achat de plusieurs milliers d’euros, l’incertitude doit être identifiée avant le paiement, pas découverte après.

Tous les circuits ne présentent pas le même niveau de risque

  • Une machine existante vendue localement par un particulier et inspectée physiquement présente surtout un risque technique : vous devez savoir ce que vous achetez.

  • Une machine existante vendue par un bon professionnel local ajoute un cadre juridique plus protecteur et un SAV potentiellement accessible.

  • Une occasion vendue par un professionnel coûte souvent plus cher que chez un particulier mais apporte des protections supplémentaires.

  • Une machine achetée à distance auprès d’un professionnel européen reste relativement encadrée mais ajoute une contrainte logistique.

  • Une machine achetée directement hors UE ajoute transport international, fiscalité, douane et difficulté de SAV.

  • Une machine encore en précommande ajoute le risque industriel.

  • Une première production financée très largement par les dépôts clients ajoute encore davantage de risque.

  • Un prototype porté par une startup sans historique de livraison vous place presque dans une logique d’investisseur amateur, même si le contrat continue à vous présenter comme client.

Ce dernier niveau peut être passionnant. Il peut permettre à de nouveaux constructeurs d’exister. Mais il faut savoir qu’on ne paie plus seulement un produit. On finance aussi la capacité d’une société à réussir à le fabriquer.

Le meilleur achat n’est pas toujours celui qui coûte le moins cher

Un distributeur peut demander quelques centaines d’euros de plus et vous éviter trois semaines de discussions lorsqu’un problème apparaît. Un particulier peut proposer une machine moins chère qui nécessite immédiatement une remise en état coûteuse. Un fabricant étranger peut afficher un prix spectaculaire jusqu’au moment où transport, fiscalité et SAV entrent dans le calcul. Une précommande peut paraître avantageuse jusqu’au jour où la livraison commence à reculer de trimestre en trimestre.

Le prix du flipper est donc une information. Le risque de la transaction en est une autre. Et il faut comparer les deux.

Un service de qualité a une valeur. Une garantie réellement assumée a une valeur. Une machine inspectable a une valeur. Un vendeur identifiable et solvable a une valeur. Tout cela ne se voit pas toujours sur la première ligne de la facture, mais peut devenir extrêmement visible au premier problème.

Un professionnel peut connaître un problème, ce qui compte est la manière dont il le traite

Un distributeur peut faire une erreur. Un fabricant peut connaître un retard. Une pièce peut manquer. Un transporteur peut endommager une machine. Un flipper peut même sortir du carton avec un problème malgré tous les contrôles effectués en amont. Aucun de ces événements ne suffit à faire d’une entreprise un mauvais professionnel. Le vrai révélateur commence après : la manière dont le problème est pris en charge.

Vous devez être considéré. Pas nécessairement obtenir une solution miraculeuse dans les deux heures, mais recevoir une réponse, savoir qui s’occupe de votre dossier, comprendre ce qui va être fait et dans quel délai. Un bon professionnel ne se juge donc pas uniquement lorsque tout se passe bien. N’importe qui sait encaisser un paiement et expédier une machine qui fonctionne. C’est lorsque quelque chose tourne mal que vous découvrez réellement à qui vous avez acheté votre flipper.

Un retard annoncé, expliqué et suivi n’a rien à voir avec trois dates successivement promises puis oubliées. Une pièce indisponible accompagnée d’une information régulière n’a rien à voir avec quinze jours de silence. Un problème complexe nécessitant l’aide du fabricant n’a rien à voir avec un vendeur qui vous donne son adresse mail et considère soudainement que le problème ne le concerne plus. Le résultat immédiat peut être identique, votre machine ne fonctionne toujours pas, mais la qualité du professionnel, elle, n’a plus rien à voir.

En revanche, méfiez-vous lorsqu’un schéma commence à se répéter : promesses uniquement orales, dates repoussées sans explication, engagements qui changent selon l’interlocuteur, refus d’écrire les conditions de garantie, absence de facture, pression pour effectuer rapidement un virement, SAV qui cesse de répondre, responsabilité systématiquement rejetée sur le fabricant, demandes répétées de réaliser vous-même des interventions sans accompagnement sérieux, acomptes conservés pendant des périodes indéfinies ou paiement intégral réclamé très longtemps avant que la machine existe.

Ne jugez pas nécessairement sur un incident isolé. Regardez le comportement. Une erreur reconnue et corrigée inspire davantage confiance qu’un professionnel qui n’en commet officiellement jamais parce que tout est toujours la faute du fabricant, du transporteur, du client, de la météo, de Mercure rétrograde ou du type qui faisait les cartons ce matin-là.

Et regardez surtout ce qui se passe lorsque vous commencez à poser des questions. Un professionnel sérieux peut ne pas avoir immédiatement la réponse, mais il peut vous dire qu’il va la chercher. L’opacité, elle, fonctionne autrement : réponses vagues, promesses repoussées, interlocuteurs qui changent, contradictions et cette impression grandissante que chaque question simple nécessite désormais une commission d’enquête parlementaire.

Un problème est un incident. Une organisation construite autour de l’opacité devient un signal. Et ce signal, généralement, ne dit pas « soyez patient ». Il dit : ça pue.

Alors, où acheter son premier flipper ?

Pour un premier achat neuf, un bon distributeur local capable de démontrer un véritable SAV reste généralement le circuit le plus rassurant. Vous payez peut-être légèrement davantage, mais vous achetez aussi un interlocuteur juridiquement et géographiquement accessible, capable de préparer votre machine, de vous conseiller et surtout de ne pas disparaître lorsque quelque chose cesse de fonctionner. Si vous cherchez vers qui vous tourner, consultez notre liste de professionnels validés par Pinball Xperience. Nous ne prétendons évidemment pas garantir qu’un problème ne surviendra jamais, mais cette sélection permet déjà d’identifier les acteurs répondant aux critères que nous considérons importants pour acheter dans de bonnes conditions.

Pour une première occasion, le particulier à particulier avec inspection physique peut être excellent. Vous voyez la machine que vous allez réellement acheter, pouvez vérifier son fonctionnement et discuter directement de son historique avec son propriétaire. Si vous ne savez pas encore quoi contrôler, faites-vous accompagner par quelqu’un qui connaît les flippers. Une heure passée avec un joueur expérimenté à examiner le plateau, lancer les diagnostics, regarder sous la machine et poser les bonnes questions peut vous faire économiser beaucoup plus qu’une demi-heure passée à négocier 300 euros sur le prix.

Pour une machine rare ou difficile à trouver, l’achat européen, l’importation ou même l’achat direct auprès du fabricant peuvent parfaitement se justifier, à condition d’intégrer l'ensemble de l'équation : transport, fiscalité éventuelle, assurance, distance, disponibilité des pièces et surtout difficulté potentielle du SAV. Une machine introuvable peut justifier de prendre davantage de risques. Faire le même parcours pour économiser quelques centaines d’euros sur un modèle disponible localement est déjà beaucoup plus discutable.

Pour une précommande, regardez toujours ce qui existe réellement au moment où vous payez. Un fabricant établi ayant déjà produit et livré des milliers de machines ne présente évidemment pas le même profil de risque qu’une société créée récemment autour d’un prototype. Et lorsqu’un constructeur n’a encore jamais produit une seule machine en série, considérez votre argent différemment : vous n’êtes plus uniquement client, vous participez aussi économiquement à sa tentative industrielle.

Cela peut très bien fonctionner. Certains nouveaux fabricants deviennent les acteurs solides de demain et les premiers acheteurs auront contribué à leur permettre d’exister. Mais cela peut aussi très mal finir. Une licence prestigieuse, un superbe prototype et une campagne de communication réussie ne paient ni les fournisseurs, ni les salariés, ni les composants nécessaires à la fabrication de plusieurs centaines de machines.

Dans le doute, attendre les premières livraisons n’a donc rien de lâche. Vous laissez simplement quelqu’un d’autre tester la solidité de l’entreprise avec son argent avant de le faire avec le vôtre.

La règle la plus simple reste la meilleure

Plus une transaction est chère, distante, complexe et difficile à vérifier, plus vous devez ralentir. Un bon vendeur n’a pas peur des questions. Un bon professionnel sait expliquer sa garantie. Un bon distributeur sait vous dire comment fonctionne son SAV. Un particulier honnête peut vous montrer la machine. Un fabricant sérieux peut expliquer son calendrier de production. Un importateur doit pouvoir vous dire qui facture quoi. Et une société qui demande plusieurs milliers d’euros avant de vous livrer doit pouvoir expliquer avec une précision proportionnelle à la somme qu’elle demande. Vous n’avez aucune obligation de financer le doute. Il y aura d’autres machines. Le mauvais achat n’est pas toujours celui où vous avez payé 500 euros de trop. C’est celui où vous découvrez après avoir payé que vous ne saviez même pas exactement à qui vous aviez acheté votre flipper.

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Lazarvs

L’auteur

Lazarvs

Fondateur de Pinball Xperience. Joueur. Collectionneur. Créateur. Le flipper comme jeu, culture et industrie. PLAY. LEARN. CONNECT.

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