Paris Games Week, jour 3 : le flipper a déjà gagné son nouveau public
· Lazarvs

Paris Games Week, jour 3 : le flipper a déjà gagné son nouveau public
Troisième jour à la Paris Games Week, le week-end approche, et ça se voit. La fréquentation monte, les allées se remplissent et circuler entre les stands demande désormais un peu de patience. Chez notre partenaire Top Game, le stand ne désemplit pas : le Sonic de Jersey Jack Pinball, Winchester de Barrels of Fun et le Fallout de Stern attirent curieux et joueurs sans relâche. Les rencontres avec la communauté s’égrènent au fil des heures, les palabres s’éternisent en éclats de rire, et partager cette passion en direct avec des gens positifs me galvanise. Merci à toutes celles et ceux qui passent nous voir, discuter et lancer quelques parties.
Vous le savez, je défends depuis des années une vision simple : le flipper n’occupe pas la place qu’il mérite, et son public doit se renouveler. Ce troisième jour en administre la preuve, photos à l’appui, prises sur le stand. Je ne parle pas d’un sentiment ni d’une impression de salon. Je parle de ce que j’ai vu, machine après machine, et de la manière dont ce public s’est réparti devant elles.
Le multivers du flipper
Un couple, côte à côte, chacun une main sur un côté de la machine, les billes partagées, les rires partagés. Le flipper est l’un des rares jeux où deux personnes occupent le même espace, regardent la même bille et commentent le même coup en direct, sans écran scindé ni casque. Cette dimension sociale, brute et immédiate, pèse lourd face à une offre de loisirs qui isole chacun dans sa bulle. On vient à deux, on repart avec une complicité décuplée.

Un père et sa fille devant le Pokémon, penchés sur la même vitre. Voilà le croisement de générations que le jeu vidéo a mis des décennies à construire et que le flipper obtient d’un seul geste : une licence que la fille connaît, un principe que le père comprend sans explication, un plateau qui parle aux deux. L’un transmet son réflexe, l’autre sa culture. Aucune machine ne réclame de manuel pour cela. Une bille, deux flippers, et la transmission s’engage.
Les plus jeunes aussi sont attirés par les flippers. Ils s’approchent, observent les lumières, suivent la bille du regard et s’accrochent au bord de la machine pour mieux voir ce qui se passe. Un flipper en marche est un théâtre mécanique : on le comprend avec les yeux avant de le comprendre avec les mains. Pas besoin de leur expliquer les règles. La curiosité fait le reste. Et quand on voit leur réaction, on se dit que la prochaine génération de joueurs est peut-être déjà là.

À l’autre extrémité du spectre, les performeurs. Ceux-là arrivent informés, connaissent les sorties, ciblent les dernières nouveautés et cherchent le score, la maîtrise, le règlement poussé dans ses retranchements. Leur présence compte autant que celle des débutants : elle prouve que le flipper garde une profondeur réelle, qu’on peut y progresser des années et que la nouveauté intéresse un public exigeant. Un jeu qui accueille l’enfant fasciné et le compétiteur aguerri sur la même machine possède une amplitude rare, et c’est ce qui le rend durable.

Un major de l’armée de l’air, en uniforme, face à la machine. Le grade s’est volatilisé dès la première bille. Celui qui se tenait là m’a confié avoir beaucoup joué au lycée, et ces années sont remontées d’un coup, avec leur candeur intacte. Plus de hiérarchie, plus de fonction, plus de distance : un homme et un flipper, rien d’autre. Il est reparti avec un sourire profondément humain aux lèvres. Voilà ce que fait cette mécanique dans l’espace public : elle abat les barrières sociales et rend chacun à ce qu’il est avant toute étiquette. Un flipper ne demande ni titre ni statut, seulement l’envie de jouer ensemble.
Une journée entre copines, rassemblées autour d’une licence actuelle, Avatar. Elles ne venaient pas pour le flipper en tant que tel, elles venaient pour l’univers, et c’est le flipper qui les a retenues. Ce détail change tout. Les licences contemporaines amènent vers la machine un public qui n’aurait pas poussé la porte d’une salle spécialisée, et ce public reste pour jouer, partager, recommencer. La licence ouvre, la mécanique convainc.
Toad, Luigi et Mario ont débarqué d'un tuyau tout droit venu du royaume champignon pour tester le Transformers. Ils avaient dû lire un article de Pinball Xperience sur cette machine, sans doute, et ils étaient bien décidés à jouer. Voir un plombier moustachu en salopette fléchir les genoux pour mieux guetter son tir, pendant que le champignon et son frère en vert l’encouragent ou le chambrent, ça donne le ton de la journée. Ici, personne ne se demande quoi penser de leur tenue : on joue. Ces trois-là ont prouvé qu’on peut arriver déguisé, repartir avec un score à défendre et avoir ri de bout en bout. Le flipper accueille tous les univers.
Le flipper cherche sa visibilité, pas son public
Mettez ces scènes bout à bout et la conclusion s’impose d’elle-même. Un couple, une famille, des enfants, des compétiteurs, des amies, un gradé en uniforme, trois amis en costume : le flipper parle à tout le monde dès qu’on le place là où les gens passent. L’attrait est acquis, la visibilité reste à conquérir. Les nouveaux joueurs et les nouvelles joueuses existent déjà, ils étaient là, par centaines, et ils jouaient. Il revient à l’industrie, aux distributeurs, aux créateurs de contenus et aux organisateurs d’aller vers eux, avec des machines à la hauteur, des licences qui les touchent et une présentation qui leur donne envie de rester.
Cette conviction pertinace me ramène sur le terrain, au contact, à portée de voix de ceux que le flipper n’a pas encore rencontrés. La Paris Games Week vient de lui donner raison, jour après jour, et j’ai hâte d’être à demain pour retrouver cette foule, ces visages, ces parties lancées par des mains de tous les âges. Rendez-vous chez Top Game, ou sur Pinball Xperience.

L’auteur
LazarvsFondateur de Pinball Xperience. Joueur. Collectionneur. Créateur. Le flipper comme jeu, culture et industrie. PLAY. LEARN. CONNECT.
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