Pinball: Beyond the Bumpers, le documentaire flipper
· Lazarvs

Pinball: Beyond the Bumpers raconte quatre siècles de flipper, du Nine Hole au renouveau actuel
Le réalisateur américain Mark Helms revient au flipper trente ans après un premier documentaire sur le sujet. Son nouveau film, Pinball: Beyond the Bumpers, suit la bille d’argent depuis le XVIIe siècle jusqu’aux machines de tournoi d’aujourd’hui, en 75 minutes. Il est disponible depuis le 20 octobre 2026 en vidéo à la demande en Amérique du Nord et au Royaume-Uni. La France n’a pas de date de sortie.
Quinze ans de travail et un titre changé en route
Mark Helms écrit, réalise et produit le film avec Alejandro Torné, qui produit aussi et assure le montage principal. Le projet a pris plus de quinze ans. Helms est connu pour The History of Pinball (1995), présenté dans la communication du film comme la première plongée complète dans l’histoire longue et mondiale du jeu. Le documentaire a d’abord circulé en festival sous le titre Pinball: The American Game, pour 74 minutes. La version commercialisée dure 75 minutes et s’appelle Pinball: Beyond the Bumpers, avec le slogan du circuit festival : enfin un documentaire sur le flipper qui mérite une bille supplémentaire. Vision Films distribue, à partir d’une production New Video Images, et les auteurs ont défendu le film au Pinball Expo de Chicago, du 14 au 18 octobre. Sara Amaya Gil, Nia Arsenault et Bridget Driscoll complètent le montage, Kevin Bowers signe l’animation et le label Krisway la musique.
Du Nine Hole aux machines modernes
Le récit commence au XVIIe siècle, en Europe. Film Threat décrit le Nine Hole comme un jeu d’extérieur pratiqué par l’élite britannique, où l’on envoie des billes dans des trous, et la description officielle annonce des images inédites de la toute première machine à bille de 1871, accompagnées d’autres machines rares du passé. Le film détaille ensuite le passage aux machines commerciales. Paul Harris, qui l’a vu, retient Baffle Ball, signé David Gottlieb : cette machine de 1931 n’avait pas de batteurs et se vendait plus vite que Gottlieb ne pouvait la fabriquer. Les flippers n’entrent dans la conception courante qu’après la Seconde Guerre mondiale. Film Threat relève aussi des machines que la plupart des joueurs n’ont jamais vues en vrai, comme le Ballyhoo, avant l’arrivée des machines lumineuses et sonores des arcades vintage et des tournois.
Réputation, argent, sexisme et jeu vidéo : le flipper c'est pour les badass
Le film ne se limite pas à la célébration. Sa description de festival annonce qu’il aborde les problèmes d’image du flipper et sa longue confrontation avec le sexisme, les jeux d’argent et la montée du jeu vidéo, et Helms dit avoir voulu soulever le rideau sur un jeu que le grand public n’a jamais bien compris, en montrant les sommets, les creux, les controverses et l’avenir. Cette réputation sulfureuse a une histoire datée : New York a interdit le flipper en 1942 en l’assimilant à un jeu de hasard, et Roger Sharpe, qui apparaît dans le film, a démontré en 1976 devant le conseil municipal que le jeu relevait de l’adresse, ce qui a mis fin à l’interdiction. Harris rappelle de son côté une période, des années 1950 aux années 1970, où l’industrie a gagné plus d’argent que le cinéma, alors que parents et pouvoirs publics poussaient les jeunes à s’en tenir à l’écart.
Rock, Hollywood et marques
Le film traite aussi le flipper comme un objet de culture populaire américaine. Il aborde le business actuel du jeu et ses liens avec Hollywood, les icônes du rock et la pop culture, et les alliances entre fabricants, musiciens, célébrités et grandes marques y occupent une part notable. Harris relève le tie-in avec Pinball Wizard, popularisé à l’écran par Elton John, et la section consacrée aux artistes qui ont conçu les décors, les layouts et les backglass. Eric Meunier, de Jersey Jack Pinball, y parle du flipper Guns N’ Roses, et Helms résume les machines récentes d’une phrase : ce n’est plus le flipper de grand-papa.
Le casting
Roger Sharpe, Gary Stern et Steve Ritchie ouvrent le générique : Sharpe pour l’épisode de 1976 à New York, Stern comme figure de l’industrie américaine, Ritchie comme l’un des designers les plus influents des dernières décennies. Jack Guarnieri, fondateur de Jersey Jack Pinball, et Jeremy Packer, alias Zombie Yeti, dont les illustrations ont marqué l’identité visuelle des machines contemporaines, représentent la génération des fabricants et des artistes actuels. Reby Hardy (Rebecca Victoria Hardy au générique), Crystaltina, Ron Shuster, Richard Bueschel et le guitariste Slash complètent la liste, et Helms apparaît lui-même à l’écran. Cette liste de noms ne garantit pas un regard critique, puisque les dirigeants de fabricants racontent leur propre industrie. Seul le visionnage permettra de mesurer la part laissée à la contradiction.
Un accueil favorable : deux notes de 8/10
Alan Ng, de Film Threat, a noté le film 8/10 le 5 octobre : il y voit une exploration très complète, dense en informations, de l’histoire de la bille d’argent, pensée aussi bien pour les mordus que pour les joueurs occasionnels. Paul Harris lui a donné la même note le 20 octobre. Il salue le détail de l’évolution des machines, la place faite aux artistes et aux alliances avec les stars, mais regrette que certains montages de séquences soient trop rapides pour suivre l’action sur les machines, et présente le film comme un divertissement efficace sur une industrie moins grande qu’avant mais encore debout. Le film est visible sur Prime Video, et RePlay Magazine avait relayé l’annonce de sa sortie dès le 8 octobre.
Une filmographie déjà bien remplie
Helms n’arrive pas sur un terrain vierge. Special When Lit (2009), de Brett C. Sullivan, rassemblait déjà Roger Sharpe et Gary Stern pour raconter l’essor, le déclin et le retour du flipper. Tilt: The Battle to Save Pinball, de Greg Maletic, racontait l’échec de Pinball 2000 chez Williams, et Same Player Shoots Again (2015), tourné par une équipe néerlandaise, passait par le Paris Pinball Museum et Steve Ritchie. En 2022, Pinball: The Man Who Saved the Game, avec Mike Faist, mettait en scène le combat de Roger Sharpe à New York. Beyond the Bumpers se positionne donc comme un panorama sur plusieurs siècles, là où ces films choisissaient un angle plus étroit.
Où voir le film, et la France
Le film est proposé à la location ou à l’achat numérique sur Apple TV (iTunes), Amazon, Fandango et la plupart des grandes plateformes câblées, aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. La version est en anglais. Au 27 octobre 2026, aucune sortie française n’est confirmée et aucun sous-titrage français n’a été annoncé, ce qui est regrettable pour une communauté active, avec ses associations, ses exploitants, ses collectionneurs et ses compétitions. Une diffusion européenne ouvrirait le film à un public qui dépasse le marché américain. Cet article présente le film et son accueil sans le juger, puisque nous ne l’avons pas vu. Informations, bande-annonce et liens de diffusion sur beyondthebumpers.com.
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L’auteur
LazarvsFondateur de Pinball Xperience. Joueur. Collectionneur. Créateur. Le flipper comme jeu, culture et industrie. PLAY. LEARN. CONNECT.
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