Pinball Xperience
Razorback

Razorback

Razorback est l’architecture électronique propriétaire développée par Pinball Brothers pour sa première génération de flippers commerciaux. Utilisée sur Alien, puis Queen, elle associe un ordinateur au format mini-ITX à des sous-systèmes dédiés au contrôle du backbox et du plateau, avec gestion des switches, des bobines, de l’éclairage RGB, de l’affichage LCD et de l’environnement audio. La plateforme évolue ensuite vers Razorback+ avec ABBA en 2024, une évolution qui développe notamment l’utilisation des switches inductifs, du RGB et introduit des switches EOS sur les batteurs. Razorback accompagne ainsi la construction de l’identité technologique de Pinball Brothers avant le passage à FAST Modern Platform avec Predator.

Razorback | Le système électronique propriétaire de Pinball Brothers

Razorback constitue la première grande architecture électronique propriétaire de Pinball Brothers. Le système accompagne la naissance industrielle du constructeur et lui permet de disposer d’un environnement technologique directement adapté à ses machines plutôt que de s’appuyer sur une plateforme électronique extérieure. Cette maîtrise concerne aussi bien l’informatique nécessaire à l’exécution du jeu que les différents contrôleurs chargés d’assurer la relation avec le plateau. L’architecture apparaît dans un contexte particulier : Pinball Brothers reprend le projet Alien après la disparition de Heighway Pinball, mais ne se contente pas de poursuivre une production à l’identique. Le nouveau constructeur doit reconstruire une infrastructure industrielle, assurer la maintenance des machines et disposer d’une plateforme suffisamment évolutive pour servir ensuite à d’autres titres. Razorback devient progressivement cette fondation commune, d’abord avec Alien, puis Queen et enfin ABBA dans une version améliorée baptisée Razorback+.

Une architecture associant informatique et contrôle spécialisé

Razorback repose sur une séparation entre l’ordinateur chargé du logiciel et les composants électroniques responsables du fonctionnement physique de la machine. Cette organisation permet de bénéficier de la puissance d’une plateforme informatique généraliste pour les règles, l’affichage et l’audiovisuel, tout en confiant les opérations directement liées au plateau à une électronique spécialisée. Le cœur informatique utilise une carte mère au format mini-ITX, offrant au système une puissance et une souplesse très supérieures à celles d’une architecture reposant exclusivement sur un microcontrôleur embarqué. Le logiciel peut ainsi gérer simultanément les règles, le scoring, les interfaces graphiques, les contenus vidéo et l’environnement sonore sans demander à l’électronique du plateau d’exécuter ces fonctions.

Cette séparation facilite également l’évolution et la maintenance de la machine. L’environnement informatique peut être remplacé ou entretenu comme un sous-ensemble distinct sans imposer le remplacement de l’électronique responsable des switches et des mécanismes. Razorback adopte ainsi une conception modulaire, même si cette modularité reste différente des architectures très distribuées proposées par FAST ou P3-ROC.

Backbox Controller Box et Playfield Controller Box

L’architecture s’organise notamment autour de deux ensembles identifiés comme le Backbox Controller Box et le Playfield Controller Box. Le premier se trouve dans le backbox et participe à la coordination des éléments installés dans cette partie de la machine. Le second est placé sous le plateau et concentre une part importante des fonctions directement liées aux mécanismes. Le Playfield Controller Box n’est donc pas un simple relais passif : il appartient pleinement à l’infrastructure de contrôle du flipper et regroupe plusieurs fonctions nécessaires au fonctionnement des switches, des bobines et des différents dispositifs du plateau.

Les communications entre les différents sous-systèmes reposent sur des liaisons numériques, notamment USB. L’ordinateur n’a donc pas besoin de disposer d’une connexion individuelle vers chaque élément mécanique. Il communique avec les contrôleurs, qui assurent ensuite la relation avec les composants physiques de la machine. Cette organisation réduit la quantité de fonctions directement confiées à l’ordinateur et conserve une distinction claire entre logiciel de haut niveau et électronique de contrôle.

Le mini-ITX comme cœur informatique

L’utilisation d’un ordinateur mini-ITX constitue l’une des caractéristiques importantes de Razorback. La carte mère exécute l’environnement logiciel nécessaire au fonctionnement du jeu et fournit les ressources requises par les contenus audiovisuels. Cette architecture permet à Pinball Brothers d’exploiter de grands écrans LCD couleur, des interfaces graphiques élaborées, des séquences vidéo et un environnement sonore conséquent. La puissance informatique peut être dimensionnée selon les besoins du logiciel sans remettre en cause la structure fondamentale de l’électronique du plateau.

Le format mini-ITX présente également l’avantage d’appartenir à un écosystème informatique largement standardisé. La partie informatique peut ainsi être considérée comme un module à part entière de la machine, distinct des cartes directement responsables de la puissance et des entrées-sorties. Cette distinction devient particulièrement intéressante pour la maintenance : une défaillance de la carte mère ou de son environnement peut être traitée indépendamment d’un problème affectant le Playfield Controller Box, tandis qu’une panne liée aux drivers ne nécessite pas nécessairement d’intervenir sur l’ordinateur.

Le Playfield Controller Box au centre du plateau

Le Playfield Controller Box constitue l’un des éléments les plus caractéristiques de Razorback. Installé sous le plateau, il assure une grande partie de l’interface entre le logiciel et les composants électromécaniques. Le système prend notamment en charge les entrées provenant des différents capteurs et les sorties nécessaires à l’activation des mécanismes. Les transistors de puissance associés aux bobines appartiennent à cet environnement, ce qui donne au Playfield Controller Box un rôle central dans le comportement physique de la machine.

Cette organisation permet de contrôler les principaux dispositifs traditionnellement rencontrés dans un flipper : batteurs, slingshots, bumpers, kickers, drop targets, diverters et différents mécanismes propres à chaque titre. La plateforme doit également gérer les interactions entre ces éléments et les règles exécutées par l’ordinateur. Razorback utilise notamment du 48 V pour les circuits de puissance, une tension adaptée aux besoins des bobines modernes, tandis que les différentes tensions nécessaires à l’informatique et aux périphériques sont distribuées selon les besoins de chaque sous-système.

Les switches inductifs, une caractéristique majeure

L’une des technologies les plus distinctives de cette génération réside dans l’utilisation de switches inductifs. Contrairement à un contact mécanique traditionnel, le capteur inductif peut détecter la présence de la bille métallique sans nécessiter qu’elle actionne physiquement une lame, une tige ou un microswitch. Cette technologie présente plusieurs avantages pour la conception du plateau. Le capteur peut être installé sous la surface de jeu et rester pratiquement invisible, ce qui permet de conserver des trajectoires plus épurées. L’absence de pièce mécanique directement actionnée par la bille réduit également certaines formes d’usure liées aux contacts traditionnels.

Les switches inductifs ne remplacent pas nécessairement tous les autres types de capteurs. Ils constituent une technologie supplémentaire que le designer peut employer dans les zones où leur discrétion et leur fonctionnement sans contact apportent un réel avantage. Leur présence devient progressivement une caractéristique importante des machines Pinball Brothers : Alien les utilise déjà, Queen poursuit leur intégration et ABBA les met encore plus en avant avec l’évolution Razorback+.

Alien, première véritable application de Razorback

Alien constitue la première grande démonstration commerciale de Razorback sous la bannière Pinball Brothers. La machine doit combiner un plateau riche en mécanismes avec un environnement audiovisuel directement inspiré de la licence cinématographique. L’ordinateur prend en charge les contenus graphiques, les règles et l’audio, tandis que les contrôleurs Razorback assurent la relation avec les mécanismes et les capteurs. Cette séparation permet à Pinball Brothers de proposer une machine moderne sans concentrer toutes les fonctions sur un unique système embarqué.

Alien possède également une importance industrielle particulière. Razorback doit prouver qu’il peut fonctionner au-delà du prototype et être maintenu sur une véritable production commerciale. Le système devient ainsi l’un des éléments permettant à Pinball Brothers de construire sa propre identité après la reprise du projet. Les évolutions apportées au logiciel et au hardware au cours de la vie commerciale d’Alien participent ensuite à la maturation de la plateforme, l’expérience acquise sur cette première production servant directement aux machines suivantes.

Queen confirme la vocation industrielle du système

Avec Queen, Razorback cesse définitivement d’être une architecture principalement associée à Alien. Pinball Brothers utilise sa plateforme sur une nouvelle machine disposant d’un univers, d’un logiciel et de besoins audiovisuels très différents. La dimension musicale du titre impose une intégration particulièrement importante de l’audio, tandis que le grand écran LCD et l’éclairage RGB participent directement à la présentation des morceaux et des différents modes. Le système doit donc synchroniser les événements physiques du plateau avec un environnement audiovisuel beaucoup plus présent.

Cette seconde utilisation valide un principe essentiel pour toute architecture industrielle : la capacité à être réemployée. Le développement d’un système propriétaire devient réellement pertinent lorsque ses fondations peuvent accompagner plusieurs titres sans imposer de reconstruire l’ensemble de l’électronique pour chaque nouveau jeu. Queen confirme ainsi Razorback comme une véritable plateforme Pinball Brothers et non comme une solution ponctuelle conçue pour Alien.

Le RGB comme composante du gameplay

L’éclairage RGB prend une importance croissante dans l’évolution de Razorback. Les inserts et différentes zones lumineuses peuvent changer de couleur en fonction des règles, des modes et des événements du jeu, donnant au logiciel une maîtrise beaucoup plus importante de l’apparence du plateau. Cette technologie transforme la lumière en véritable moyen de communication : une même zone peut adopter plusieurs couleurs selon sa fonction actuelle, tandis que les transitions lumineuses peuvent guider le joueur, accompagner un changement de mode ou renforcer une séquence audiovisuelle.

Sur une machine musicale comme Queen, cette capacité permet également de synchroniser plus étroitement la lumière avec les morceaux et les événements du plateau. L’éclairage participe ainsi à l’identité du jeu plutôt que de simplement indiquer l’état de quelques inserts. Cette évolution prend encore plus d’importance avec Razorback+, où le RGB est étendu à un plus grand nombre d’éléments de la machine.

Razorback+, l’évolution introduite avec ABBA

ABBA en 2024 marque l’arrivée de Razorback+, évolution directe de l’architecture précédente. Pinball Brothers conserve les grandes fondations de son système mais enrichit plusieurs fonctions liées aux capteurs, à l’éclairage et au contrôle mécanique. La machine combine une quantité importante de dispositifs interactifs avec un environnement audiovisuel particulièrement dense. Razorback+ doit donc gérer une architecture dans laquelle moteurs, aimants, bobines, capteurs et éclairages programmables fonctionnent en coordination avec les règles et la musique.

Parmi les évolutions les plus importantes figurent une intégration étendue des switches inductifs, l’apparition de switches EOS sur les batteurs, les inserts RGB, la GI RGB, les standup targets RGB ainsi que la gestion de nombreux mécanismes motorisés et électromécaniques. Razorback+ ne constitue donc pas une architecture entièrement nouvelle, mais une évolution suffisamment importante pour identifier une seconde étape dans la vie technologique du système.

Les EOS et l’évolution des batteurs

L’ajout de switches EOS, pour End of Stroke, constitue une évolution importante de Razorback+. Ces capteurs permettent au système de détecter physiquement l’arrivée du batteur en fin de course. Cette information améliore la connaissance de l’état réel du mécanisme : l’électronique peut distinguer la phase de déplacement de celle où le batteur a atteint sa position haute et adapter son comportement en conséquence.

Le contrôle des batteurs ne dépend pas uniquement de leur puissance maximale. La manière dont la bobine est initialement activée, maintenue puis relâchée influence directement la sensation ressentie par le joueur. L’EOS apporte une information supplémentaire permettant d’affiner cette gestion, une évolution particulièrement significative dans une industrie où le ressenti des batteurs reste l’un des critères immédiatement perceptibles lorsqu’un joueur découvre une nouvelle architecture.

ABBA et la montée en complexité mécanique

ABBA pousse également la plateforme vers un niveau de complexité mécanique supérieur. La machine combine plusieurs mécanismes spécifiques, dont des éléments motorisés, des locks, des aimants, des VUK, des drop targets et différents dispositifs interactifs. L’électronique doit gérer ces éléments tout en maintenant leur synchronisation avec l’environnement musical et lumineux. Une action physique peut ainsi déclencher simultanément une évolution des règles, une animation, une séquence sonore et une transformation de l’éclairage.

Cette coordination illustre la maturation de Razorback. La plateforme n’est plus simplement chargée de faire fonctionner un ensemble de bobines et de switches autour d’un ordinateur. Elle devient l’infrastructure permettant à plusieurs couches technologiques de fonctionner comme une seule expérience. Cette évolution est particulièrement visible dans les mécanismes animés, où le logiciel doit connaître l’état du dispositif et coordonner son mouvement avec le reste de la séquence.

RGB Inserts, GI et cibles lumineuses

Razorback+ développe également la place de l’éclairage programmable en combinant inserts RGB, GI RGB et standup targets RGB. Le système peut ainsi modifier simultanément la signalétique du plateau, son éclairage général et certains éléments directement frappés par la bille. Cette extension augmente considérablement les possibilités de mise en scène : la GI peut modifier l’atmosphère globale tandis que les inserts indiquent les objectifs et que les cibles participent elles-mêmes aux animations lumineuses.

L’éclairage devient ainsi une couche dynamique de l’expérience. Sa fonction ne consiste plus seulement à rendre le plateau visible ou à signaler un tir actif, mais à accompagner les changements d’état du jeu. Cette approche place Razorback+ dans la continuité des grandes architectures contemporaines, où le RGB fait désormais partie intégrante du langage utilisé par la machine pour communiquer avec le joueur.

Une architecture propriétaire et ses contraintes industrielles

Développer Razorback permet à Pinball Brothers de conserver un contrôle important sur sa technologie. Le constructeur peut adapter l’électronique à ses propres besoins, faire évoluer son logiciel et organiser son support sans dépendre directement des choix techniques d’un fournisseur extérieur. Cette indépendance représente néanmoins une responsabilité considérable. Une architecture propriétaire nécessite de maintenir les cartes, assurer leur disponibilité, gérer les évolutions de composants, documenter les procédures de réparation et conserver les compétences nécessaires à son développement.

Ces contraintes prennent une importance croissante lorsque le catalogue du constructeur s’élargit. Chaque nouvelle machine doit rester compatible avec une infrastructure capable d’être produite et entretenue pendant de nombreuses années. Le choix d’une plateforme extérieure peut alors devenir économiquement pertinent, même pour un fabricant ayant déjà démontré sa capacité à développer son propre système.

Predator et le passage à FAST Modern Platform

Cette évolution intervient avec Predator, lorsque Pinball Brothers choisit FAST Modern Platform pour la couche électronique de contrôle de sa nouvelle machine. Le changement marque la fin de Razorback comme architecture matérielle principale des productions du constructeur. Le passage à FAST ne signifie pas que Pinball Brothers abandonne nécessairement toute son expérience logicielle. Une architecture moderne permet justement de dissocier le moteur de jeu de la plateforme responsable des entrées et sorties physiques. Le constructeur peut ainsi conserver une part importante de son identité informatique tout en utilisant FAST pour communiquer avec le plateau.

Cette transition réduit la nécessité de développer et maintenir en interne chaque composant de l’électronique de contrôle. Pinball Brothers peut concentrer ses ressources sur le logiciel, les mécanismes, le design et l’intégration de ses licences. Le changement constitue donc autant une évolution industrielle qu’une évolution technique.

Deux philosophies successives chez Pinball Brothers

L’histoire de Razorback permet d’observer deux stratégies différentes pour un fabricant indépendant. La première consiste à développer une architecture propriétaire afin de maîtriser directement l’ensemble de la chaîne technologique. La seconde consiste à conserver son environnement logiciel et son identité tout en confiant une partie de l’infrastructure électronique à un spécialiste. Pinball Brothers expérimente successivement ces deux modèles. Razorback accompagne la construction de son indépendance technologique, tandis que FAST lui permet ensuite de s’appuyer sur un écosystème électronique déjà développé et maintenu extérieurement.

Cette transition n’efface pas l’importance de Razorback. Sans cette première plateforme, Alien, Queen et ABBA n’auraient pas partagé la même continuité technologique et Pinball Brothers n’aurait pas acquis la même expérience dans la conception de machines modernes.

La chronologie de Razorback

Dans la classification Pinball Xperience, cette famille technologique se divise en deux étapes cohérentes. Razorback constitue la première génération utilisée sur Alien puis Queen, tandis que Razorback+ représente son évolution avec ABBA. Le passage à FAST Modern Platform avec Predator constitue ensuite une véritable rupture architecturale plutôt qu’une simple nouvelle révision de Razorback. Cette classification permet de conserver une lecture claire de l’évolution du constructeur sans multiplier artificiellement les générations : Alien et Queen appartiennent à la même fondation technologique, ABBA en propose une évolution substantielle et Predator ouvre une nouvelle période reposant sur une plateforme électronique extérieure.

Razorback reste ainsi une étape essentielle dans l’histoire de Pinball Brothers. Le système accompagne le constructeur depuis la relance d’Alien jusqu’à une machine aussi ambitieuse qu’ABBA et démontre qu’un fabricant indépendant peut développer, faire évoluer et industrialiser sa propre architecture électronique. Razorback constitue la première grande fondation technologique de Pinball Brothers, celle qui lui permet de construire son identité industrielle avant d’ouvrir une nouvelle phase de son développement autour de FAST Modern Platform.

Flippers de ce système

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